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L’effet papillon – Chapitre 34

23 novembre 2018

Lorsque Lalisa se réveilla, elle fût surprise de voir les rayons du soleil s’infiltrer dans la chambre. Depuis trois semaines, elle avait dû mal à faire une nuit complète et sereine. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle avait passé une nuit sans se réveiller en sursaut. Apprendre l’arrestation de son agresseur avait fait remonter des souvenirs. Des souvenirs qui l’empêchaient de trouver le sommeil. Et lorsque finalement, elle finissait par s’effondrer de fatigue, des cauchemars lui gâchaient ses nuits.

Ce matin, elle était en pleine forme et c’était grâce à la personne qui était allongée à ses côtés. Elle se tourna sur le côté et ne put réprimer un sourire en voyant Jimin dormir si profondément. Elle n’arrivait pas à croire que cet homme était son petit ami. Elle lui avait mené la vie dure mais il était si patient et gentil avec elle. Les sautes d’humeur de la jeune femme n’avaient pas découragés le chanteur.

Lalisa pouvait remercier le ciel d’avoir mis Jimin sur sa route. La jeune femme n’était pas croyante mais se mit à penser que les ange-gardiens pouvaient exister. La preuve, elle avait rencontré le sien.

Ils avaient passé la nuit ensemble mais en tout bien tout honneur. Jimin avait tenu ses engagements. Il n’avait rien tenté. La thailandaise admirait sa volonté. La nuit dernière, ils n’avaient pas eu envie de se séparer après avoir enfin avouer leurs sentiments. Ils décidèrent de regarder un film. Lalisa fût la première à s’endormir. Pas que le film était ennuyeux mais elle se sentait en confiance dans les bras de Jimin. Elle s’était promis de retourner dans sa chambre après le film mais, visiblement, Jimin n’avait pas eu le cœur de la réveiller.

La jeune femme degagea les quelques mèches blondes qui tombaient sur les yeux de Jimin. Elle l’observa quelques instants avant de passer sa main sur la joue de ce dernier. Même endormi, il restait magnifique se mit à penser la jeune femme. Elle ne pût s’empêcher de le contempler, réalisant qu’elle devait être une des rares personnes à pouvoir profiter de cette vue privilégiée. Elle caressait de nouveau son visage lorsque deux prunelles noires apparurent devant elle. Elle retira rapidement sa main, comme si elle venait de se faire prendre la main dans le sac.

– Pourquoi t’arrêtes-tu ? Demanda le garçon.

Lalisa sentit son visage prendre une couleur rougeâtre. Elle qui avait pourtant beaucoup de répartie habituellement resta muette. Ce comportement gêné amusa le garçon se réveillant doucement. Il s’empara de la main de Lalisa. La jeune femme sentit son coeur s’accélérer. Ce geste innocent était plus profond qu’il ne le paraissait pour tous les deux.


Une lumière éblouissante l’aveugla soudainement lorsqu’il reprit connaissance. Toujours allongé au sol, des grains de café autour de lui, Nathan papillonna des yeux avant de se réveiller complètement. Il aperçut au-dessus de lui deux secouristes qui s’occupaient de lui. Il voulut se lever mais fût arrêté par l’un des ambulanciers.

– Doucement, on ne sait pas encore pourquoi vous avez perdu connaissance, fit le professionnel de santé. Vous devriez nous accompagner à l’hôpital.
– C’est inutile, fit Nathan en s’asseyant. Je vais bien.
– Vous devriez tout de même consulter, votre tension et rythme cardiaque étaient anormalement hauts, continua son collègue.

Nathan n’était pas malade, il avait juste paniqué. Il n’arrivait pas à croire qu’il avait pu faire un malaise. Un malaise impressionnant au point que l’on avait fait appeler le 911. Finalement, après avoir promis de voir un médecin et signer une décharge expliquant qu’il avait refusé de monter dans l’ambulance, les secouristes quittèrent les lieux. Il tenta de se relever et aperçut alors Alex qui accourait vers lui pour l’aider à se remettre sur pied. Il avait encore la tête qui tournait mais fit comme si de rien n’était.

– Le 911 ? Sérieusement ?
– Ce n’est pas moi. C’est ta mère. Elle était paniquée lorsqu’elle t’a vu par terre. Tu ne te réveillais pas. J’avoue que moi non plus, je n’étais pas rassuré.

Nathan sentit son coeur se remettre à battre plus fort. Il souffla longuement, cherchant à calmer la crise d’angoisse qui était proche. Il n’avait donc pas rêver. C’était bien sa mère qu’il avait entendu. Elle l’avait surpris, dans cette réserve, avec Alex. Il angoissait déjà de sa réaction à l’annonce de son homosexualité, elle l’apprenait alors qu’il était littéralement en train de déshabiller son petit ami. Elle allait le prendre pour plus dépravé qu’il ne l’était.

– Où est-elle ? Demanda Nathan, la voix brisée.
– Dans la boutique, elle ne voulait pas gêner les secours.

Nathan était terrifié mais il devait absolument avoir une discussion avec elle. Sa mère était la personne la plus importante de sa vie, il regrettait de ne pas pouvoir être entièrement sincère avec elle. Cela faisait des années qu’il lui cachait une part de lui-même. Il se demanda comment elle allait réagir. Allait-elle crier ? Pleurer ? Le renier à tout jamais ? Le garçon savait qu’elle serait déçue mais espérait qu’elle accepta au moins de lui parler.

Il marcha lentement à travers la réserve, rassemblant son courage. Il poussa la porte et entra dans la boutique. Il s’arrêta un instant. L‘endroit était désert. Seule sa mère était assise sur l’une des banquettes. Elle se rongeait les ongles, regardant par la fenêtre l’ambulance s’éloigner dans la rue. La peur au ventre, il s’approcha de la table.

– Maman, souffla le garçon.

Elle tourna la tête vers son fils. Ce dernier vit alors les yeux rougis de sa mère. Elle avait pleuré. Il s’en voulait d’en être la raison. Il n’arriva pas à soutenir son regard. Penaud, il se mit à regarder le bout de ses chaussures. La mère de famille se leva brutalement. Il s’attendait à ce qu’elle lui cria dessus mais au lieu de cela, elle le prit dans les bras et le serra fort. Il entendit sa mère sangloter tandis qu’elle resserrait son étreinte.

– Les secouristes m’ont dit que tu refusais de les suivre. On devrait peut-être aller à l’hôpital.
– Je vais bien, rassura Nathan.
– Tu es resté inconscient si longtemps. J’étais morte d’inquiétude. Pourquoi tu as fait ce malaise ? On devrait aller à l’hôpital C’est pas normal de faire un malaise à ton âge.

Elle se détacha finalement de son fils mais elle le saisit la seconde plus tard la main et tenta de l’entraîner vers la sortie. Nathan ne comprenait pas pourquoi sa mère réagissait ainsi. Pourquoi ne parlait-elle que de son malaise ? Pourquoi éludait-elle ce qu’il s’était passé avant ?

– On va tout de suite faire un checkup. Il faut connaître la raison de ce malaise.

La mère de famille s’arrêta dans sa phrase en réalisant que Nathan qu’elle tenait par la main, l’empêchait de faire un pas de plus. Elle tourna la tête et vit que son fils refusait de la suivre. Il lâcha finalement la main de sa mère, inquiet de voir la direction que prenait leur conversation.

– La raison c’est toi !
– Moi ? S’étonna la mère de famille.
– Tu.. tu es entrée et tu as dit, bredouilla Nathan.

Nathan n’arrivait pas à aligner ses mots correctement. Il aurait préféré qu’elle réagit autrement. Il s’était préparé à sa colère ou ses pleurs. Elle ne s’attendait pas à ce qu’elle ignora la chose. C’était encore plus déstabilisant pour Nathan.

– Tu veux dire, quand je suis entrée et que tu embrassais Alex ? Je suis désolée de t’avoir effrayé.
– Effrayé ? J’ai complètement paniqué oui. J’ai cru que mon coeur allait quitter ma cage thoracique. Et toi ? Pourquoi tu réagis comme ça ? On dirait que tu trouves cela normal.

Nathan ne bredouillait plus. La peur l’avait quitté, il cria ses mots à sa mère. Il ne comprenait pas son comportement. Il avait besoin de réponses. Il n’avait pas halluciné, sa mère l’avait bien surpris avec Alex. Alors pourquoi semblait-elle si peu choquée ?

La mère de famille se rapprocha de son fils. Elle vit le désarroi dans lequel Nathan était plongé. Son coeur se serra, voir son fils malheureusement était bien la pire chose au monde. Pourtant, le ton monta soudainement entre les deux sans qu’elle ne puisse rien y faire.

– Et pourquoi cela ne serait pas normal ? Demanda la mère de famille.
– Maman, tu le fais exprès ? Alex est un garçon et moi aussi ! Je sais très bien que toi et papa pensaient des…
– Chéri, je ne m’oppose pas à ses paroles mais cela ne signifie pas que je pense la même chose que lui. Ce n’est pas parce que ton père est homophobe que je lui aussi.
– Et depuis quand tu défends la cause LGBT ?
– Depuis que mon fils a trouvé le bonheur auprès d’un garçon !
– Mais bien sûr ! Tu envoies tes principes de toute une vie en moins d’une journée ! S’indigna le jeune homme.
– Je suis au courant pour toi et Alex depuis Noël dernier !

La mère de famille mit un terme à la dispute avec cette phrase. Le garçon ne sut pas par quoi renchérir. Voilà un scénario qu’il n’avait jamais envisagé : sa mère était déjà au courant. Mais alors, pourquoi n’avait-elle rien dit depuis des mois ? Pourquoi avait-elle fait mine de croire à son histoire bidon avec Ha-Neul. Le jeune homme manqua de nouveau de faire un nouveau malaise. Il ne tenait plus sur ses jambes. Sa mère remarqua qu’il manquait de faire une nouvelle crise d’angoisse. Elle l’aida à s’asseoir sur la banquette. Il respira profondément pour reprendre ses esprits. Sa mère attendit qu’il se calma un peu avant de s’expliquer.

– A Noël dernier, j’ai surpris ta conversation téléphonique avec Alex. Je dois l’avouer, au début j’ai eu du mal à digérer l’information. Mais durant toutes les vacances de Noël, j’ai bien remarqué combien tu étais bien plus heureux juste après lui avoir parlé. Chéri, tu étais rayonnant, je ne t’avais jamais vu comme cela. Je pensais que tu m’en parlerais mais rien. Tu es retourné en Californie et depuis je n’ose pas t’en parler. Lorsque tu as publié cette photo, je me suis dit que ce serait l’occasion parfaite.
– Donc tu n’as jamais cru que Ha-Neul était ma petite amie.
– Elle doit vraiment t’aimer beaucoup pour t’avoir rendu ce service mais j’ai remarqué qu’il n’y avait pas cette étincelle entre vous. En revanche, ce Jungkook semblait très important pour elle.
– C’est son petit ami, avoua Nathan. Je suis désolé de t’avoir mené en bateau. J’avais peur de ta réaction. Je pensais que tu me détesterais en apprenant la vérité.
– Chéri, tu es mon fils. Je t’aimerais toujours. Que tu aimes les filles ou les garçons, l’important c’est que tu sois heureux.


Jungkook : Tu es encore avec Namjoon ?

Ha-Neul lut le message rapidement avant de ranger son portable dans sa poche. Visiblement, Jungkook s’impatientait mais elle ne pouvait pas partir maintenant. Après tout, c’était elle qui avait proposé à Namjoon cette petite discussion. Et visiblement, le garçon avait besoin de se confier.

Mis à part Jin, Jungkook et elle-même, personne ne savait pour son histoire avec Ji-Kyung et la mort de Ah-Reum. Ils avaient discuté pendant près d’une heure, dans ce jardin d’enfant. Namjoon avait trouvé en la jeune femme une oreille attentive et sans jugement. Il comprenait pourquoi Jungkook l’aimait tant. Elle avait un côté apaisant. Il lui avait longuement parlé de ses regrets dans sa relation avec Ji-Kyung, Ha-Neul se contentant de l’écouter sans jamais le faire culpabiliser. Il ne pouvait s’empêcher de trouver qu’elle ressemblait beaucoup à son petit ami. Comme Jungkook, elle semblait très émotive et attentive aux autres.

Une nouvelle sonnerie indiqua l’arrivée d’un message mais Ha-Neul ne regarda pas son téléphone. Namjoon fut touchée qu’elle lui consacre toute son attention mais décida de mettre fin à leur discussion. Il avait assez abusé de la gentillesse de Ha-Neul, Jungkook allait finir par lui reprocher de s’accaparer la jeune femme. Il ne voulait pas mettre le maknae en colère et se leva soudain de son banc.

– On ferait mieux de rentrer.
– Tu es sûr ? Demanda Ha-Neul. Si tu as besoin de parler, j’ai tout mon temps.
– Je te remercie mais je ne voudrais pas abuser.
– Oppa !
– De toute façon, je dois finir une chanson, j’aimerais bien bosser dessus avant le concert.

Ha-Neul finit par se lever et suivre Namjoon. Elle espéra qu’il ne se réfugia pas dans le travail la tête baissée, pour éviter de penser à ses problèmes. Sur le chemin de l’hôtel, la jeune femme réussit à lui promettre de l’appeler s’il ne sentait pas bien. Elle lui assura qu’elle était disponible tous les jours, quelque soit l’heure s’il avait besoin de se confier. Namjoon ne s’attendait pas à tant de sollicitude de sa part mais fût ravi de savoir qu’il pouvait compter sur elle.

Ils arrivèrent devant la porte de l’ascenseur de l’hôtel. Ha-Neul appuyait sur le bouton d’appel tandis que Namjoon enregistrait son numéro sur le portable de la jeune femme. Alors qu’il terminait, un message de la part de Jungkook apparut sur le haut de l’écran. Par habitude, il lut le message qui ne lui était pas destiné et rougit brusquement. Il le rendit rapidement à la propriétaire du portable, manquant de le faire tomber. La jeune femme le rattrapa de justesse, surprise de la gène soudaine de son ainé.

– Tu as reçu un message de Jungkook.
– Ah bon ?

La jeune femme cliqua sur sa messagerie et comprit alors pourquoi Namjoon était si maladroit. La porte de l’ascenseur s’ouvrit. Le garçon s’y engouffra et appuya sur le bouton de son étage, évitant de croiser le regard de sa nouvelle amie.

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