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L’effet papillon – Chapitre 37

24 novembre 2018

Nathan entra dans la boutique où se dégageait de bonnes odeurs de café frais. Il se rendit au comptoir mais ce n’était pas pour commander. Il savait qu’Alex avait une heure de pause et comptait lui rendre une petite visite surprise. Contrairement à la veille où l’endroit était désert, sûrement parce que les clients étaient occupés à faire les boutiques pour profiter du Black Friday, c’était aujourd’hui bien plus animé. L’employé présent lui sourit en le reconnaissant.

– Salut Nathan, si tu cherches Alex, il vient tout juste de partir.
– Oh zut, je voulais passer un peu de temps avec lui. Tu sais où il est allé ?
– Non. Mais je crois que le femme qui l’accompagnait à parler du parc.
– Une femme ? Quelle femme ? Tu la connais ?

Nathan aurait voulu en savoir plus mais il entendit la personne, dernière lui dans la file d’attente, s’impatienter. L’étudiant lui aurait bien répondu mais il était plus intrigué par cette femme qui était avec son petit ami. Le collègue d’Alex semblait déjà débordé, il n’allait pas l’embêter davantage. Il quitta la boutique et prit la direction du parc voisin.

Il marcha à peine deux minutes puis aperçut Alex. Il pressa le pas pour le rejoindre. La femme qui l’accompagnait était de dos, Nathan n’arrivait à la reconnaitre. Néanmoins, en voyant un grand sourire sur le visage de son petit ami, il comprit que ce dernier appréciait sa compagnie.

– Eh, Nathan ! Que fais-tu ici ?

Alex se leva de son banc, brusquement, son sourire disparaissant d’un seul coup. Ce changement d’attitude fit craindre le pire à Nathan.

– Tu aurais dû me dire que tu passais, fit Alex en cherchant à l’attirer loin du banc d’où il venait.
– Pourquoi ? Tu as des choses à cacher ?
– Quoi ? Non. Pas du tout.

Nathan se détacha d’Alex et s’approcha du banc. La mystérieuse femme était déjà en train d’essayer de fuir. Il courut et se planta devant elle, l’obligeant à s’arrêter. Ce fût seulement à ce moment qu’il la reconnut.

– Maman !
– Bonjour chéri, fit la mère de famille gênée.
– Qu’est ce que tu fais là ? Et toi, s’exclama-t-il en direction d’Alex, tu rencontres ma mère en secret ? Tu fais quoi encore derrière mon dos ?
– Nathan, c’est moi qui a insisté pour lui parler, expliqua la mère de famille.

Nathan s’apprêtait à bondir sur Alex mais fût arrêté par sa mère. Il la regarda, avec encore plus d’incompréhension. La veille, elle lui avait avoué qu’elle connaissait son secret depuis presqu’un an. Il aurait dû être rassurer de voir sa mère si compréhensive en apprenant son homosexualité mais il n’arrivait pas à croire qu’elle soit aussi ouverte d’esprit. Il avait grandi dans une famille où l’homosexualité était présenté comme une maladie mentale, il avait grandit dans l’angoisse d’être ainsi catégorisé, par sa propre famille. Même si les mots les plus durs venaient de son père, tout le monde dans le cercle familial partageait les mêmes idées. Il n’avait pas revu sa mère depuis la veille, après la découverte de son secret.

– Est-ce que tu l’as dit à Papa ? Chuchota Nathan, angoissé par la réponse.
– Non. Ce n’est pas à moi de lui dire.
– Je refuse qu’il soit au courant ! Déjà qu’il ne m’aime pas beaucoup, il serait capable de…
– Nathan, le coupa sa mère, ton père t’aime.
– Il n’aime que lui-même ! Je ne comprends pas ce que tu fais avec un homme comme lui. Tu mérites tellement mieux.
– Il n’est pas parfait mais ce n’est pas un monstre. Je sais que c’est compliqué entre vous.
– C’est pas compliqué, c’est inexistant ! On entretient aucune relation père-fils. Je n’existerais pas ce serait pareil.

Sa mère chercha à répliquer mais aucun argument valable ne lui vint à l’esprit. Elle n’était pas aveugle, elle avait remarqué depuis longtemps que son mari et et son fils agissaient comme de parfaits étrangers. Elle était le seul lien entre eux et faisait son possible depuis toujours pour maintenir un minimum d’esprit de famille. Son mari n’avait pas toujours fait les bons choix mais Nathan était aussi têtu que son père. Les disputes naissaient facilement entre les deux hommes, l’un comme l’autre ne voulant pas admettre avoir tort.

– On dirait qu’il va pleuvoir, on ferait mieux de rentrer se mettre à l’abri, proposa soudainement Alex.

Nathan regarda le ciel. Des nuages gris commençaient à pointer leur nez. Voyant le regard désolé de sa mère, alors qu’il venait de dénigrer son paternel, il sentit une vague de tristesse l’envahir. Il détestait voir sa mère ainsi, s’en voulant de l’avoir blessé. Il devait admettre que même si Monsieur Taylor était un mauvais père, il n’était pas un mauvais mari. Après trente ans de mariage, il était toujours aux petits soins pour elle. Quelques minutes plus tard, ils se retrouvèrent tous les trois dans le café, une boisson chaude devant soi. L’endroit était bondé mais ils réussirent à se trouver une place dans un recoin. Un silence pesant s’installa avant que Nathan le brisa.

– Excuse-moi. Je n’ai pas à juger ta relation avec Papa.
– Ton père est un homme complexe, rempli de défauts mais il a aussi beaucoup de qualités cachées.
– Bien cachées alors, souffla Nathan entre ses dents. Aïe !

Nathan frotta sa nuque. Il se tourna vers le responsable de cette douleur : Alex. Ce dernier le regardait comme si cela était tout à fait légitime. Nathan lui fit des gros yeux mais son petit ami n’en avait que faire.

– Madame Taylor, je suis ravi d’avoir fait votre connaissance. J’espère que je pourrais bientôt visiter votre fameux ranch. Dis-moi, fit Alex en direction de Nathan, pourquoi tu m’as jamais parlé de ta maison ? Ta mère m’a montré quelques photos, c’est magnifique.
– Hein ? C’est rien, c’est juste un petit ranch, avec quelques chevaux, fit Nathan.

Nathan se demanda ce que sa mère avait pu lui dire. Il n’avait jamais donné de détails sur sa famille. Alex savait seulement que son père était un homme d’affaires qui avait plutôt bien réussi. Le jeune homme s’était gardé de dire que sa famille était l’une des plus riches du Texas.

Alex venait d’une famille plutôt modeste, sa mère avait dû emprunter pour qu’il puisse faire ses études dans cette université. Nathan, lui, était millionnaire. Enfin, sa famille l’était comme il aimait le préciser. Cependant, peut-être parce qu’il ne voulait rien devoir à son père, il refusait d’utiliser la fortune familiale. Il avait un mode de vie plutôt simple qui ne laissait pas paraître ses origines.

Au début, il avait caché la chose pour qu’on le traite comme un étudiant lambda. Il ne voulait pas qu’on le fréquenta uniquement pour son portefeuille. Au lycée, il avait déjà fait les frais de pseudo-amitié qui n’avaient rien de sincère. On lui parlait parce qu’il était un Taylor. En arrivant en Californie, il avait commencé une nouvelle vie, dans l’anonymat le plus complet. Il n’était plus le fils Taylor, il était simplement Nathan.

L’heure de sa pause était passée à une vitesse folle. Alex abandonna, presque à contre-coeur, sa belle-mère. Il aurait voulu en savoir plus sur la famille Taylor, son petit ami étant très évasif à ce sujet. Madame Taylor était charmante et il avait adoré passer du temps avec elle. Il aurait aimé en savoir plus sur Nathan grâce à elle mais il devait reprendre son service. Il quitta donc la table en promettant à la maman de venir la voir au Texas même si ce ne serait pas pour tout de suite. Une fois le garçon assez éloigné pour ne plus pouvoir entendre la conversation, Nathan se retourna vers sa mère.

– Vous avez parlé de quoi tous les deux ? Et pourquoi tu lui a montré des photos de la maison ? Et pourquoi tu es venu le voir d’abord ? Tu ne…
– Nathan, pourquoi tu sembles si stressé ?
– Tu lui a dit quoi sur notre famille ? Chercha à savoir l’étudiant. J’espère que tu n’as pas dit qu’on était les propriétaires du Taylor Group.
– Je vois que je ne suis pas la seule à qui tu caches des choses.


25 novembre 2018

Lalisa et Jimin sortirent de la cabine d’ascenseur. Ils marchèrent jusqu’au hall. Leur weekend était terminé. Lalisa devait prendre un avion pour Los Angeles tandis que Jimin prendrait le sien pour Séoul un peu plus tard dans la journée. Ha-Neul et Jungkook étaient déjà là mais n’arrivaient pas à se détacher l’un de l’autre, profitant encore des quelques minutes qu’ils pouvaient passer ensemble.

– Qu’est-ce que ce sera lorsque Jungkook partira pour son service militaire, se moqua Jimin.
– Ils sont amoureux, c’est mignon de les voir comme ça.
– Peut-être mais on est dans un endroit public, ils pourraient…
– Jimin !

Le garçon roula des yeux, sachant très bien que Lalisa avait raison mais il n’allait pas avouer la véritable raison de son mécontentement : il était envieux. Il aurait tellement voulu agir de la même façon avec Lalisa mais ce n’était pas possible. La jeune femme se retourna vers lui et lui sourit. Sa frustration descendit d’un niveau, réalisant qu’il avait déjà beaucoup de chance d’avoir la jeune femme à ses côtés.

– Jimin, ma valise, s’il te plait.
– Hein ? Ah oui pardon.

Il était tellement occupé à contempler Lalisa qu’il ne l’avait pas entendu lui parler. Il lui tendit son bagage. Jimin se mit à rougir ce qui fit sourire de nouveau la jeune femme. Après avoir vérifié son passeport et son billet, elle releva la tête vers Jimin qui continuait à la regarder amoureusement.

– Bon, c’est l’heure, fit Lalisa qui ne savait pas trop comment dire au revoir.
– Ouais, lui répondit le garçon qui semblait tout aussi gêné.

Ils se regardèrent quelques instants sans oser se toucher. Finalement, Jimin se décida à prendre les mains de la jeune femme. Lalisa se demanda si elle devait faire plus, après tout, elle pourrait lui faire un petit câlin.

– Lalisa, le taxi est là ! Avertit Ha-Neul.

La thaïlandaise n’avait maintenant plus le temps pour les effusions romantiques. Déçue, elle lâcha les mains de Jimin.

– Envoies-moi un message lorsque tu arriveras à Los Angeles.
– Promis, fit Lalisa en rejoignant sa colocataire.

Les deux étudiantes passèrent la porte de l’hôtel, abandonnant leur petits-amis. Jungkook était à quelques mètres de lui mais Jimin ne l’avait pas remarqué. Il n’avait d’attention que pour Lalisa. Il n’arrivait à la lâcher des yeux. La jeune femme confia sa valise au chauffeur du taxi qui la rangea dans le coffre.

Elle s’apprêtait à rejoindre Ha-Neul sur la banquette arrière. Elle avait la main sur la porte du taxi lorsqu’elle tourna une dernière fois la tête vers l’hôtel. Elle croisa le regard de Jimin et resta immobile quelques instants. Elle se pencha à l’intérieur du véhicule, semblant parler à son amie avant de revenir vers l’hôtel. Jimin fut surpris de la voir passer de nouveau la porte de l’hôtel et s’arrêter devant lui.

– Tu as oublié quelque chose ? Demanda-t-il.

La jeune femme ouvrit la bouche pour répondre mais rien n’arrivait à sortir. Lalisa ne savait pas pourquoi elle faisait cela. Elle en avait juste besoin de Jimin encore quelques instants. Elle ne pouvait pas partir comme ça. Elle avança d’un pas, réduisant la distance entre Jimin et elle. Elle glissa ses bras autour du garçon. Ce dernier semblait perdu mais ravi de pouvoir profiter de quelques instants supplémentaires en sa présence.

Leurs visages étaient si proches. Jimin se retenait de ne pas goûter à ses lèvres tentatrices mais avait promis d’aller au rythme de la jeune femme. Il déglutit difficilement, lorsque Lalisa se rapprocha, frôlant ses lèvres. Lalisa voulait l’embrasser aussi. Ses yeux faisaient des allers-retour entre les yeux et les lèvres de Jimin, cherchant le courage de l’embrasser. Malheureusement, ses angoisses étaient encore trop présentes. Elle repensa à leur première tentative de baiser et elle ne voulait pas encore tout gâcher. Ses peurs étaient encore trop présentes. Elle grimaça, déçue de ne pas pouvoir offrir un simple baiser. Elle se sentait honteuse d’avoir laissé espérer Jimin. Elle brisa leur contact visuel et vint se cacher dans le cou du garçon.

– Pardon, murmura Lalisa.
– Tu n’es pas obligée de faire ça. Je te l’ai déjà dit, rassura le garçon.
– J’ai envie de t’embrasser mais….
– Chut…

Jimin n’avait pas besoin d’entendre ses justifications, elle ne lui devait rien. Il était déjà tellement heureux de voir la jeune femme essayer de repousser ses peurs pour lui. La voir essayer d’aller au-delà de ses angoisses lui prouvait qu’elle tenait à lui. Le jeune homme passa ses bras autour de la jeune femme pour resserrer leur étreinte. Ils auraient pu rester ainsi des heures durant mais malheureusement Jungkook mit fin à leur moment romantique.

Hum, vous allez rater votre avion si vous ne partez pas maintenant !

Le couple se lâcha finalement mais Lalisa n’arrivait toujours pas à abandonner Jimin. Elle n’arrivait pas à détacher son regard du sien. Pourquoi était-ce si dur de partir ? Elle aurait tellement voulu que ce séjour dura plus longtemps. Ils n’avaient passé que quatre jours ensemble. Elle avait l’impression qu’il s’était écoulé tellement plus de temps. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle ait réussi à s’attacher aussi vite au garçon. Elle n’était pas encore partie qu’il lui manquait déjà. La jeune femme souffla en entendant cette fois la voix de sa colocataire s’élever, comprenant qu’elle avait épuisé tout le temps disponible.

– Je crois que ton amie s’impatiente, fit Jimin en souriant.
– Oui, on dirait bien. souffla la jeune femme en baissant les yeux vers ses pieds.

Lalisa sentit soudain un courant électrique la parcourir lorsque la main de Jimin la saisit par le menton et redressa son visage. Ses yeux croisèrent ceux remplis d’affection du garçon.

– A bientôt Lalisa.

Un sentiment de bien-être la traversa et avant de prendre conscience de son acte, Lalisa posa ses lèvres sur celle de Jimin. Un baiser rapide mais suffisamment long que des papillons commencent à faire leur apparition dans l’estomac de la jeune femme. Surprise de son propre comportement, la jeune femme se recula soudainement. Jimin resta sans voix alors qu’elle quitta les lieux. Le taxi était déjà parti lorsque le garçon passait ses doigts sur ses lèvres, se demandant s’il n’avait pas imaginer ce qu’il venait de se passer.

– Hyung, ça va ? Demanda Jungkook inquiet voir son ami en état de choc.
– Lalisa vient de m’embrasser !
– Quoi, c’était votre premier baiser ? Je pensais que vous sortiez déjà ensemble.
– Lalisa vient de m’embrasser !
– Hyung, tu l’as déjà dit. Tu es sûr que tu vas bien ?
– Jungkook, tu l’as vu ? Elle m’a embrassé ! Répéta Jimin en sautillant.
– Hyung, tu me fais peur !

Jimin sautillait sur place, comme un gamin ayant le cadeau de ses rêves pour Noël. Jungkook, d’abord amusé de ce comportement, commença à se poser des questions. Il ne comprenait pas pourquoi il était aussi pertubré par ce rapprochement. Il ne voulait pas juger mais il ne comprenait pas que ce simple smack remuait autant son ami. Après tout, ces deux-là sortaient ensemble, pourquoi faire toute une histoire d’un simple bisou ? Jungkook ne chercha pas à en savoir plus, Jimin avait l’air d’être le plus heureux des hommes avec ce simple geste.

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