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L’effet papillon – Chapitre 50

1er janvier 2019

– Je peux très bien dormir sur le canapé du salon ! Proposa Jimin.
– Tu plaisantes ? Demanda Lalisa. C’est trop inconfortable ! Pourquoi fais-tu autant d’histoires ? Ce n’est pas la première fois qu’on partage le même lit.

Lalisa se glissa dans les draps et tapota l’oreiller pour indiquer à Jimin de la rejoindre. Ce dernier fixa sa petite amie, il ne savait pas si cela était une bonne idée. Il avait encore en mémoire le dérapage avec la peinture. Il se demanda s’il n’allait pas encore faire un geste inapproprié sans le vouloir.

Lalisa avait décidé d’éluder la chose durant le dîner, elle pensait que Jimin était passé à autre chose mais visiblement, ça le préoccupait encore. Elle s’était promis d’avoir une discussion à ce sujet. Elle avait tout fait pour retarder ce moment mais elle n’avait plus le choix. Elle appréciait la pudeur que lui témoignait Jimin mais cette retenue commençait à avoir un impact négatif sur leur relation.

– Assieds-toi, j’aimerais qu’on parle de ce qui s’est passé tout à l’heure.
– Je suis désolé, je ne voulais pas, commença à se justifier le garçon.
– Jimin, assieds-toi ! Coupa la jeune thaïlandaise.

Jimin s’exécuta à la seconde. Elle venait de hausser légèrement le ton. Elle était agacée et il ne voulut pas retrouver la Lalisa en colère qu’il avait découvert dans la journée. Sous son apparence douce, la jeune femme pouvait exploser, son ancienne voisine en avait fait les frais.

– Il faut que tu arrêtes !
– Que j’arrête ? Demanda le coréen perplexe.
– Certes, je ne suis pas prête à coucher avec toi mais je… Enfin, tu vois c’est juste que… Ce que je veux dire c’est que je ne suis pas en sucre !

Lalisa était prise entre deux feux. D’un côté, elle avait envie de Jimin. Littéralement. Elle voulait plus que lui tenir la main. Mais d’un autre côté, elle avait peur de réagir comme la première fois qu’ils avaient tenté de s’embrasser. Elle ne voulait pas revivre ça. Pas seulement pour les images de son agression qui lui étaient revenues en tête. Mais surtout parce qu’elle se reprochait encore d’imposer tant de contraintes à Jimin. Il était tellement adorable avec elle. Il lui offrait tellement d’attention alors qu’en retour, elle lui partageait ses peurs et ses angoisses.

– Je ne veux pas brusquer les choses. Je t’ai promis d’aller à ton rythme.
– Et je t’en remercie mais là, ça devient trop ! S’exclama Lalisa. C’est plus possible.
– Quoi ? Et je suis censé faire quoi ? J’ai bien vu que tu n’allais pas bien ! Tu aurais vu ta tête quand j’ai… Je n’aime pas te voir si triste, souffla Jimin.
– Ce qui me rend triste c’est toi !

Lalisa le fixa intensément. Jimin sentit son estomac se serrer. Pourquoi lui disait-elle ses mots ? Avait-il tout faux depuis le début ? Il ne dit rien et se contenta de tourner la tête, ne pouvant plus supporter le regard de Lalisa. Un silence s’installa dans la pièce. Un silence lourd et gênant. Aucun des deux n’osa parler.

Jimin pensait agir au mieux pour Lalisa mais visiblement, il s’y prenait comme un manche. En tout, c’est ce que pensait le garçon. Apparement, être gentil et patient n’était pas suffisant mais il ignorait quoi faire. Sa relation avec Lalisa serait compliquée, il le savait à l’instant où il lui avait demandé de sortir avec lui. Il commença à se dire que c’était de sa faute. Il avait insisté pour qu’elle soit sa petite amie. Elle avait peut-être simplement accepté pour lui faire plaisir. Jimin savait que Lalisa l’aimait bien mais l’aimait-elle autant que lui l’aimait ?

– On aura au moins essayé, fit le garçon en se levant du lit.

Il sentit sa voix se briser lorsqu’il prononça ses mots. Il savait qu’il n’arriverait pas à retenir ses larmes s’il regardait Lalisa. Il était déçu de voir leur histoire se terminer ainsi mais il refusait de voir Lalisa souffrir, et encore plus à cause de lui. Il ouvrit sa valise et jeta les quelques affaires qui étaient dans la chambre.

– Jimin ! Que fais-tu ?
– Je ferais mieux de partir. D’ici et de ta vie.
– Non, attends !

Il referma la fermeture éclair de sa valise et prit la direction de la sortie. Deux bras s’enroulèrent autour de sa taille. Il tenta de faire un pas mais les bras de Lalisa se resserrèrent autour de lui.

– Ne pars pas ! Chuchota la jeune femme.
– Lalisa, je t’aime trop pour te voir souffrir. Je refuse que tu sois triste à cause de moi ! On ferait mieux d’en rester là.

Une larme glissa sur la joue de Jimin. Il l’effaça du revers de sa main. Il souffla pour se donner ce courage qui lui manquait tant. Il entendit un sanglot derrière son dos mais l’ignora. Il savait qu’il n’aurait plus le courage de partir s’il voyait Lalisa en pleurs. Et pourtant, il fallait qu’il parte. Pour elle, pour lui, pour eux.

Il retira les mains de Lalisa qui lui bloquaient le passage puis avança vers la sortie, tirant sa petite valise derrière lui. Jimin traversa l’appartement silencieux, seul le bruit des roulettes de sa valise se faisaient entendre. Il se retrouva sur le palier. Il descendit la poignée télescopique de sa valise pour la porter plus facilement dans les escaliers. Il s’apprêtait à la soulever mais en fut incapable. Il tourna la tête pour en connaître la cause : Lalisa. La jeune femme faisait poids sur le bagage, empêchant Jimin de partir.

– C’est pas toi qui me rend triste ! Cria presque la jeune femme. Oui, je n’étais pas bien tout à l’heure mais ce n’est pas ton geste qui m’a chamboulé ! C’est toi !
– Je comprends rien ! C’est moi ou pas le problème ? S’énerva Jimin.
– C’est… Ah ! Maugréa-t-elle.

Jimin perdit son sang-froid et s’en voulut de s’emporter. Il était troublé. Dans la même phrase, elle disait qu’il était le problème et qu’il ne l’était pas. Ce n’était pas plus rien comprendre. Et pourtant, le plus perdu dans l’histoire ça semblait être Lalisa.

Lalisa se mit soudain à jurer en thaïlandais. Enfin, ce fût ce que supposa Jimin. Lalisa semblait frustrée de ne pas pouvoir s’exprimer comme elle le voulait. Elle bascula en thaïlandais. Elle avait beau bien parler le coréen, exprimer ses émotions dans une langue qui n’était pas la sienne s’avéra plus difficile que prévu.

Le garçon resta silencieux. Il comprit la détresse de la jeune femme. Il la laissa se calmer. Et tandis qu’elle continua à lui parler sans qu’il ne comprenne quoi que ce soit, Lalisa se rapprocha du garçon puis passa ses bras autour du cou de Jimin. Ses joues se rosirent et elle termina son discours en lui adressant un regard que Jimin aurait qualifié de coquin.

– Je rêve ou tu me dragues ?
– Peut-être, répondit Lalisa.

Lalisa posa sa main sur le visage de Jimin. Elle posa son front sur le sien, ne quittant pas une seconde ses yeux. Elle caressa sa joue puis fit glisser ses doigts sur sa bouche. Le garçon eut la sensation que la température grimpa d’un coup, il n’avait pas l’habitude que Lalisa se montre si entreprenante. Il prit cela pour une invitation à se rapprocher. Il posa ses mains sur les hanches de Lalisa mais se figea. Pouvait-il se permettre ce geste ? Elle n’avait jamais refusé un câlin mais il n’était pas sûr de se contenter de la serrer dans ses bras. Surtout que les lèvres de Lalisa étaient à sa merci. Il suffisait qu’il se penchât pour y goûter. Il n’eut pas le temps de se poser milles questions, Lalisa le devança. Elle captura les lèvres de Jimin dans un baiser doux mais furtif. Jimin, surpris, ne put s’empêcher de scruter Lalisa. Comme d’habitude, il s’inquiétait pour elle.

– Chan Rak Khun, fit Lalisa. (note : Je t’aime en thaï, dit par une fille)

La jeune femme fixa Jimin dans les yeux mais la gêne la gagna rapidement lorsqu’elle prit conscience de ce qu’elle venait dire. Elle n’avait pas réfléchi, elle avait parlé avec son cœur. Elle s’empressa de briser le silence gênant qui s’installait.

– Je t’ai perdu avec tout ce thaï, désolé je….
– Phom Rak Khun (note : Je t’aime en thaï, dit par un garçon).

Lalisa afficha une moue surprise. Elle ne sût pas ce qui l’étonna le plus : Jimin parlant thaï ou Jimin ayant compris ce qu’elle avait dit.

– Je croyais que tu ne parlais pas le thaï !
– Je connais juste les mots importants, expliqua le jeune homme.

Lalisa esquissa un sourire. Jimin fit glisser sa main sur la joue de cette dernière et replaça une mèche derrière l’oreille. Il contempla la jeune femme tandis que la distance se réduisit de nouveau entre eux.

Jimin était tombé sous le charme de la thaïlandaise à l’instant où elle apparut devant lui. Il se souvenait très bien de ce matin-là. Il ne remercierait jamais assez Taehyung de l’avoir obligé à les accompagner, Jungkook et lui. Il l’avait tout de suite trouvé jolie, à l’instant où elle avait ouvert la porte de sa chambre universitaire. Il était d’ailleurs si gêné en la voyant qu’il se mélangea les pinceaux en cherchant à lui parler en anglais. Mais le moment où il était vraiment tombé amoureux, ce fût lorsqu’il entendit son rire pour la première fois. La voir sourire, l’entendre rire, la voir heureuse, c’était ce qui faisait battre son coeur.

Lalisa était attaché à lui, Jimin n’en doutait pas. La confiance qu’elle lui accordait était une preuve de ses sentiments. Elle disait parfois qu’elle l’aimait mais c’était toujours à demi-mot ou de manière détournée. Comme cet après-midi, quand elle expliqua qu’elle l’avait défendu devant sa voisine raciste parce qu’elle s’en prenait à une personne qu’elle aimait. L’entendre lui dire directement “Je t’aime”, dans sa langue maternelle qui plus est, lui réchauffa le cœur.

Il fût agréablement surpris mais son étonnement monta d’un cran lorsqu’il sentit les lèvres de Lalisa se poser sur les siennes. Il ne s’attendait pas à sentir la langue Lalisa se frayer un chemin jusqu’à sa jumelle. D’abord inquiet qu’elle fasse une crise d’angoisse, il se détendit et ferma les yeux pour profiter. Lorsqu’elle se détacha finalement, il mit quelques secondes à descendre de son petit nuage.

– J’embrasse si mal que ça ?

Lalisa interpréta mal la non réaction du garçon. Elle n’avait pas embrassé un tas de garçons durant son existence mais aucun n’avait réagi ainsi. Déjà que son estime de soi était au plus bas depuis son agression, la réaction de Jimin la perturba. Elle n’aurait pas dû agir sur un coup de tête.

Jimin sortit finalement de sa torpeur. Lalisa se recula d’un pas, visiblement mal à l’aise mais sa tentative de fuite fut vaine. Les bras de Jimin se resserrèrent autour de sa taille et l’attirèrent vers lui.

– Je suis juste surpris, révéla Jimin.
– De mon niveau minable pour embrasser ?
– Tu n’as pas fait de crise d’angoisse.
– Je vais mieux… grâce à toi.

Jimin n’avait pas l’habitude de voir la jeune femme aussi timide. Elle était d’autant plus mignonne alors qu’elle se montrait vulnérable. Il se pencha vers elle et l’embrassa à son tour. Ils approfondissaient leurs échanges quand un raclement de gorge se fit entendre.

Ils sursautèrent tous les deux. Un homme d’un certain âge les fixait, en colère. Jimin eut l’horrible sensation que cette colère lui était surtout destinée. Il cria quelques mots en thaïlandais. Il se rapprocha du couple d’un pas décidé. Jimin, sans réfléchir, poussa sa petite amie derrière lui, pour la protéger. Il ignorait ce que voulait cet homme mais il ne le laisserait pas toucher à un cheveu de Lalisa.

L’homme lui hurla dessus mais Jimin ne comprit aucun de ses mots. Il tenta de négocier avec cet inconnu mais impossible de se faire comprendre en coréen. Soudain, il entendit la voix de Lalisa s’élever derrière lui. L’homme se tut brusquement. Jimin tourna la tête vers la jeune femme.

– Je te présente mon père, dit Lalisa en indiquant l’homme d’une cinquantaine d’années.

Jimin sourit à son beau-père, gêné. Il adressa un wai de respect mais ce dernier n’en avait rien à faire. C’est à peine s’il lui adressa un regard. Il sépara le couple en les poussant chacun d’un côté. Pour une première rencontre avec le père de Lalisa, ça commençait mal.


– Il s’agit d’une plainte pour coups et blessures, expliqua l’avocat. Connaissez-vous un certain Hwang Sun Oh ?

Voilà bien un nom qu’il tentait désespérément d’effacer de sa mémoire. L’ex petit-ami de Ha-Neul. Déjà que cet homme avait failli ruiner sa relation avec elle, voilà maintenant qu’il s’en prenait directement à lui. Il ne l’avait croisé que quelques minutes, juste assez de temps pour se disputer avec lui.

– Je l’ai rencontré il y a quelques jours, expliqua timidement le chanteur.
– Il affirme que tu lui a donné plusieurs coups de poings, il a des certificats médicaux prouvant ses blessures, continua l’avocat.
– Je l’ai à peine touché ! S’énerva Jungkook. Ce mec est pourri ! Il est…
– Mais il dit vrai ? Tu l’as frappé ? Chercha à confirmer le manager.

Après quelques secondes d’hésitation, Jungkook hocha la tête. Il avait regretté à la minute même d’avoir frappé ce garçon mais il avait agit sous l’impulsion. L’entendre parler aussi crûment de Ha-Neul lui avait retourné l’estomac.

Il aurait pu expliquer les raisons de son geste mais il savait qu’il n’aurait pas dû agir ainsi. Même si Sun Oh était une véritable ordure, il n’aurait pas dû le frapper. Il n’avait pas été très intelligent sur ce coup-là. A sa décharge, Jungkook n’était pas en mesure de réfléchir correctement à ce moment précis.

– C’est à cause de cette fille ? Kim Ha-Neul ? Demanda soudain le manager.

Jungkook s’apprêtait à répondre mais s’arrêta brusquement. Comment connaissait-il la jeune femme ? L’agence savait-elle qui elle était pour lui ? Son visage surpris le trahit immédiatement.

– Inutile de nier ! Nous savons que c’est ta petite amie.

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